Dr Casimiro Gerarduzzi

Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Québec

Créer un terreau propice à la croissance de semences saines ou comment les protéines extracellulaires régulent le bon comportement cellulaire


2018-2019 : 25 000 $ | Soutien à l’infrastructure Nouveaux chercheurs KRESCENT | Catégorie : Biologie du rein

2018-2021 : 195 000 $  |  Bourse Nouveaux chercheurs KRESCENT |  Catégorie : Biologie du rein

Résumé vulgarisé du projet de recherche

Tout comme la graine a besoin d’un terreau fertile pour germer, la cellule a besoin d’un milieu favorable pour survivre et bien fonctionner. Ce milieu, appelé matrice extracellulaire (MEC), présente une composition et une texture particulières qui « entourent » les cellules (graines) pour répondre à leurs exigences de manière optimale.

Il est connu que les patients atteints de diabète finissent par présenter d’importantes lésions touchant la structure de la MEC rénale, laquelle doit ainsi être continuellement régénérée par de nouveaux composants matriciels. Dans la maladie rénale diabétique, le processus de régénération peut demeurer activé en permanence. Or, contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette reconstitution « active » est nuisible pour les cellules, car les nouveaux composants qui s’accumulent finissent par remplacer les cellules environnantes nécessaires au bon fonctionnement des reins. Au fil de ses multiples tentatives de « guérir » un rein constamment lésé, ce processus de régénération entraîne plutôt de graves complications qui mettent la vie du patient en danger et, ultimement, sa mort.

La MEC joue également un rôle crucial dans le cancer du rein. Le « terreau » de la MEC diffère grandement pour les cellules normales et les cellules cancéreuses. Récemment, des chercheurs ont découvert que la structure particulière de la MEC tumorale (terreau hostile) évolue différemment de celle d’un rein normal (terreau fertile); elle devient peu à peu un milieu propice à une croissance optimale et constante des cellules cancéreuses (mauvaises graines). La MEC tumorale continue de se transformer, ce qui favorise la formation de métastases et permet aux cellules cancéreuses de se propager à d’autres régions du corps. Dans ce contexte, l’identification et l’inhibition des facteurs qui régulent l’expression et la transformation de la MEC constituent une intéressante piste thérapeutique à explorer dans la lutte contre la progression du cancer et l’apparition de métastases chez les patients atteints d’un carcinome à cellules rénales (CCR).

Une meilleure compréhension de la MEC nous permettra de corriger sa régulation lors du remodelage excessif et incontrôlé auquel elle est soumise en présence d’affections potentiellement mortelles, comme la maladie rénale diabétique et le CCR. L’approche privilégiée par notre laboratoire consiste à examiner un grand nombre de protéines et de gènes impliqués dans le CCR et la maladie rénale diabétique afin de cerner ceux qui participent à la régulation de la MEC. Nous avons la chance de compter sur une excellente équipe de néphrologues et de chercheurs biomédicaux spécialisés dans le domaine rénal, qui travaillent ensemble afin de valider les protéines et gènes détectés chez les patients atteints d’une maladie rénale diabétique ou d’un CCR, pour ensuite évaluer leur pertinence dans ces maladies à l’aide de modèles animaux bien connus. Enfin, nous utiliserons ces modèles pour étudier de nouvelles options thérapeutiques qui permettront d’améliorer les coûts standards et la qualité de vie des patients souffrant d’une maladie rénale.