Dr. Karthik Tennanhore 

Dr Karthik Tennankore

Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, Nouvelle-Écosse
Co-candidats : Ian Alwayn, Marc Dorval, Nessa Gogan, Tammy Keough-Ryan, Bryce Kiberd, Sean Martin, Amanda Miller, Kenneth Rockwood, Laura Sills, Kenneth West, Seychelle Yohanna

Frailty and the kidney transplant wait list

[Fragilité des patients en attente d’une transplantation rénale]


2017-2019 : 100 000 $ | Subvention de soutien à la recherche biomédicale |  Catégorie : Transplantation

Biographie

Le Dr Karthik Tennankore a reçu son diplôme en médecine à l’Université de Western Ontario et a complété sa formation en médecine interne et en néphrologie à l’Université Dalhousie. En tant que boursier, il a parfait une formation clinique de deux ans en dialyse à domicile à l’Hôpital général de Toronto (Université de Toronto) et a obtenu une maîtrise en épidémiologie clinique à l’Université de Harvard. En 2013, le Dr Tennankore a joint la Division de néphrologie de l’Université Dalhousie, à Halifax. Son expertise clinique comprend le traitement par dialyse administré en clinique et à domicile. Sur le plan de la recherche, il s’intéresse à l’étude et à l’amélioration des résultats chez les patients après l’instauration d’une dialyse ou une transplantation rénale; il souhaite également étudier les conséquences que peut avoir la fragilité des patients sur l’issue de l’une ou l’autre de ces interventions. Par ailleurs, le Dr Tennankore participe à des essais cliniques et réalise des études de cohortes prospectives en néphrologie.

Résumé vulgarisé du projet de recherche

Chaque année, un nombre croissant de Canadiens sont en attente d’une transplantation rénale, mais ne subiront pas cette intervention en raison du nombre très restreint de reins disponibles. Il est donc important de vérifier si les personnes inscrites sur une liste d’attente sont physiquement capables de bénéficier d’une greffe de rein et de s’assurer que le processus de décision qui détermine l’admissibilité des patients est juste et objectif.

Beaucoup de personnes aux prises avec une maladie rénale de stade avancé bénéficieront d’une greffe de rein. Cependant, certains patients n’y sont pas admissibles parce que leur état de santé rend la transplantation trop risquée ou que cette intervention pourrait fortement compromettre leur santé après la greffe. La sélection des patients en mesure de recevoir une greffe nécessite une évaluation détaillée de la santé de chacun ainsi qu’une analyse réalisée par les spécialistes de la transplantation rénale, lesquels sont bien au fait des risques d’une telle intervention.

Certaines personnes atteintes d’une maladie rénale chez qui une greffe de rein est envisagée ont également d’autres problèmes de santé susceptibles d’abréger leur espérance de vie. Les chercheurs parlent alors souvent de fragilité. Être « fragile » peut vouloir dire que la personne doit utiliser du matériel pour marcher (p. ex., un déambulateur ou d’autres aides à la marche), qu’elle a des problèmes fonctionnels (p. ex., de la difficulté à vaquer à ses activités quotidiennes, comme s’habiller ou se laver), que sa condition physique est limitée et que ses activités posent problème. Nous savons que le fait d’être fragile peut entraîner des conséquences négatives sur la santé à la suite d’une greffe de rein. Nous ignorons toutefois dans quelle mesure cet état peut affecter les gens en attente d’une transplantation rénale, car l’analyse de leur état fonctionnel, de leur condition physique et de leurs activités quotidiennes ne fait pas partie intégrante du processus d’évaluation. Pourtant, ce genre d’information peut s’avérer utile à de nombreux égards, tant pour les patients que pour les spécialistes de la transplantation rénale. Si les personnes fragiles courent un risque considérablement accru de mourir, d’être retirés de la liste d’attente ou de décéder peu de temps après la greffe, ces éléments d’information peuvent devenir un nouvel outil pour les spécialistes de la transplantation afin de les aider à prendre des décisions objectives quant à l’admissibilité des patients plutôt que s’en remettre uniquement à leurs impressions cliniques. L’équipe médicale pourrait ainsi mieux cerner les patients de la liste d’attente qui nécessiteraient une surveillance étroite. Enfin, ce nouvel outil pourrait fournir un portrait plus complet de la santé d’une personne en complément des tests déjà utilisés. Ces renseignements pourraient également servir à éclairer les patients au sujet de leur inscription sur la liste d’attente pour bénéficier d’une transplantation rénale.

Notre étude vise à examiner ce qu’il advient des patients fragiles qui sont en attente d’une greffe. Nous évaluerons une cohorte de patients souffrant de maladie rénale rattachés à divers centres au Canada, soit en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve et en Ontario. Nous utiliserons trois outils différents pour évaluer la fragilité de ces patients. Nous assurerons ensuite un suivi étroit de nos participants afin de vérifier s’ils connaissent un déclin de leur santé — ils seront alors retirés de la liste d’attente — ou s’ils décèdent avant d’avoir pu recevoir une greffe de rein. Nous suivrons également les personnes ayant bénéficié d’une greffe afin de vérifier s’ils décèdent ou s’ils subissent la perte fonctionnelle du rein transplanté dans un court intervalle. Enfin, nous observerons toute variation du degré de fragilité chez les patients en attente d’une transplantation. Nous espérons que ces découvertes favoriseront la pratique de la transplantation rénale partout au Canada et, peut-être, partout dans le monde. À long terme, nous souhaitons que cette étude constitue le premier pas vers un processus d’évaluation national normalisé de la capacité fonctionnelle, de la condition physique et des activités quotidiennes des patients chez qui une greffe de rein est envisagée.

La Fondation canadienne du rein s’efforce d’offrir le meilleur soutien possible aux personnes atteintes d’une maladie rénale. L’élément fondamental de cet engagement consiste, d’une part, en l’accès rapide à la transplantation rénale et, d’autre part, en la prestation de soins aux patients en attente d’une greffe. Le fait de savoir comment la fragilité affecte la santé d’une personne peut nous aider à établir une meilleure répartition de cette ressource importante, mais limitée.