Dr. Michael Zappitelli

Dr Michael Zappitelli

Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, Montréal, Québec

11-year renal outcomes after pediatric intensive care unit admission: acute kidney injury and disease progression

[Pronostic rénal chez l’enfant 11 ans après un séjour à l’unité de soins intensifs : insuffisance rénale aiguë et progression de la maladie]

2017-2019 : 100 000 $ | Subvention de soutien à la recherche biomédicale | Catégorie : Dépistage et prévention de la maladie rénale 

Biographie

Le Dr Michael Zappitelli, boursier en néphrologie pédiatrique, a obtenu son diplôme en médecine de l’Université McGill, à Montréal. Il a ensuite effectué un stage postdoctoral sous la supervision du Dr Stuart Goldstein, au Baylor College of Medicine and Texas Children’s Hospital de Houston, l’un des plus importants centres de soins pédiatriques en Amérique du Nord.


Les travaux de recherche du Dr Zappitelli portent sur l’insuffisance rénale aiguë (IRA) chez l’enfant. Cet état pathologique apparaissant principalement chez les patients hospitalisés, il importe de mieux comprendre l’IRA afin de pouvoir la détecter tôt, en atténuer les risques les plus importants et améliorer la santé des patients à long terme.
Le laboratoire de recherche clinique du Dr Zappitelli caractérise la maladie par l’évaluation de définitions et la réalisation d’études afin d’examiner l’incidence de l’IRA sur divers résultats cliniques chez plusieurs populations de patients, notamment ceux qui reçoivent des médicaments néphrotoxiques, ceux qui subissent une chirurgie cardiaque et ceux qui sont gravement malades. Ses derniers travaux consistent à observer l’issue à long terme de l’IRA chez des patients gravement malades, atteints ou non d’une affection cardiaque, de même que chez des enfants qui reçoivent un traitement anticancéreux par la cisplatine. Le Dr Zappitelli s’est donné pour objectif de découvrir si l’IRA représente un facteur de risque d’insuffisance rénale chronique (IRC) et si les nouveaux biomarqueurs de l’IRA liés aux lésions tubulaires rénales peuvent être utilisés pour améliorer le dépistage des patients exposés à un risque d’IRC. D’autres projets de recherche portent sur la découverte et la caractérisation de nouveaux biomarqueurs urinaires de l’IRA en vue du diagnostic de cette maladie.

Résumé vulgarisé du projet de recherche

Un grand nombre d’enfants gravement malades qui sont admis dans une unité de soins intensifs (USI) présentent une atteinte des reins appelée insuffisance rénale aiguë (IRA). C’est habituellement le motif de l’hospitalisation en USI (p. ex., une infection grave, une chirurgie cardiaque) ou les traitements que les enfants doivent recevoir (p. ex., des médicaments aux effets toxiques sur les reins) qui sont à l’origine de l’IRA. Cette atteinte des reins est à la source de plusieurs problèmes, entre autres de l’œdème accompagné d’une insuffisance cardiaque, des troubles hormonaux, de la difficulté à se nourrir et, parfois, la nécessité de recourir à la dialyse. Nous savons que lorsqu’elle touche les enfants admis à l’USI, l’IRA peut entraîner le décès à l’unité même, sinon à prolonger le séjour à l’hôpital.

Chez l’adulte, il est reconnu que les dommages tissulaires associés à l’IRA peuvent causer des lésions chroniques aux reins (c. à d. de longue durée, qui évoluent de façon continue). Une maladie rénale chronique (MRC) ou de l’hypertension artérielle peuvent venir aggraver l’état du patient et contribuer à accroître son risque de décès. Cependant, nous en savons encore très peu sur les conséquences possibles de l’IRA survenant chez les enfants hospitalisés en ce qui concerne leur santé rénale à long terme. Les MRC et l’hypertension artérielle constituent un lourd fardeau pour les patients de même que des facteurs de risque déterminants de maladies cardiaques. Des évènements comme l’IRA qui surviennent tôt dans la vie peuvent s’avérer un important facteur de risque de MRC et d’hypertension artérielle chez les enfants. Soulignons qu’un traitement précoce et l’adoption de mesures de prévention de la MRC et de l’hypertension artérielle chez les jeunes patients peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé des reins et du cœur en plus d’alléger le fardeau que ces maladies imposent à notre système de soins de santé.

Pour tenter de préciser le lien possible entre l’IRA chez les enfants admis à l’USI et l’apparition subséquente d’une MRC ou d’une hypertension, nous avons d’abord évalué un groupe d’enfants 6 ans après leur admission dans ce type d’unité. La MRC et l’hypertension constituaient un point commun frappant. Cependant, nous savons que la grande majorité des enfants admis à l’USI ne font l’objet d’aucun suivi quant à leur fonction rénale ou à d’éventuels problèmes de tension artérielle après leur congé de l’hôpital. Par conséquent, les cas de MRC et d’hypertension artérielle observés dans le groupe analysé n’auraient pas été détectés sans notre étude. Il apparait ainsi clairement qu’il faut modifier la façon dont les enfants admis à l’USI sont suivis après leur congé afin de pouvoir détecter, prévenir et traiter les maladies rénales chroniques et l’hypertension artérielle. Dans le cadre de notre projet de recherche, nous évaluerons à nouveau notre groupe d’enfants précédemment admis à l’USI (que nous avons déjà évalués 6 ans après leur admission), cette fois 11 ans après leur séjour à l’USI. Notre objectif est de comprendre si l’état de ces enfants s’est détérioré et, le cas échéant, d’évaluer le degré de cette détérioration au fil du temps, soit entre les 6e et 11e années qui ont suivi leur admission à l’USI. Nous chercherons aussi à savoir si de nouveaux tests d’urine visant à mesurer les dommages causés aux reins peuvent nous aider à prédire ce qui s’est détérioré ou, au contraire, s’est amélioré quant à la fonction rénale et à l’hypertension artérielle des enfants après 11 ans de suivi. Cette étude, une première mondiale, nous permettra de recueillir l’information nécessaire à l’instauration de changements dans le suivi et le traitement des enfants par leurs médecins; nous en apprendrons également davantage sur les enfants qu’il faut suivre étroitement afin de prévenir les dommages rénaux à long terme et de promouvoir la santé de la fonction rénale après une maladie ayant causé une IRA. Cette étude sera possible grâce à la collaboration de spécialistes du rein, de l’équipe des USI, de cardiologues et de médecins œuvrant en pédiatrie générale qui ont travaillé ensemble depuis de nombreuses années afin de comprendre les effets néfastes de l’IRA sur la santé des enfants. Nous travaillerons aussi avec des représentants des familles et des administrateurs des soins de santé pour nous assurer que les lignes directrices sur le suivi de la santé rénale des enfants que nous recommanderons à la fin de notre étude sont établies en fonction de résultats importants pour les familles et les patients, et qu’elles sont réalisables dans le cadre de notre système de soins de santé actuel.