Voici le Dr Tangri : chercheur d’avant-garde dans le domaine rénal

  Melanie Ferris

 
« Les gens croient que l’insuffisance rénale chronique est peu courante, indique le Dr Tangri. C’est un sujet dont on ne parle pas. »

Or, au Manitoba, les taux d’insuffisance rénale chronique (IRC) sont vraiment à la hausse. De plus, la province détient le triste record des plus hauts taux d’insuffisance rénale terminale au Canada.

Navdeep Tangri, qui réside au Manitoba, est la personne toute trouvée pour parler de ces questions puisqu’il mène une recherche novatrice sur la santé rénale. J’ai récemment eu la chance de m’entretenir avec lui.

« Il nous faut nous pencher sur l’épidémie de diabète », affirme le Dr Tangri lorsque je lui ai demandé comment nous pouvons combattre l’augmentation des taux d’insuffisance rénale. « Il est important de dépister et de diagnostiquer tôt le diabète dans la population manitobaine. Une stratégie municipale, provinciale et fédérale axée sur le diabète s’impose vraiment. »

Le diabète et l’hypertension sont les principales causes de l’IRC.

Prédire l’insuffisance rénale terminale
En janvier 2016, le Dr Tangri a publié un article dans le Journal of the American Medical Association sur la prédiction de l’atteinte du stade de l’insuffisance rénale terminale chez les personnes aux prises avec l’IRC.

Selon le Dr Tangri, on pense souvent à tort que l’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance rénale terminale s’équivalent. Or, certains patients n’atteignent jamais ce dernier stade.

Bien des personnes atteintes d’IRC sont stressées à la pensée qu’un jour leurs reins pourraient cesser de fonctionner. Le Dr Tangri a mis au point un logiciel d’application qui peut aider une personne à planifier sa vie et à prendre des mesures qui pourraient l’aider à retarder l’apparition de l’insuffisance rénale terminale.

Pour calculer le risque que les reins d’un patient cessent de s’acquitter de leur tâche dans les deux à cinq prochaines années, les professionnels de la santé peuvent prendre en compte la présence de l’albumine dans l’urine du patient, son sexe, son âge et son taux de filtration glomérulaire.

Un outil utile pour les fournisseurs de soins primaires
Le Dr Tangri a développé une appli qui est disponible sur le site QxMD (www.qxmd.com). Pour la trouver, il suffit de taper « Kidney Failure Risk Equation ». C’est un outil utile que les fournisseurs de soins primaires peuvent télécharger sur leur téléphone. Il peut les aider à évaluer le risque d’insuffisance rénale terminale. Vous trouverez de plus amples détails dans l’encadré.

L’un des principaux objectifs du Dr Tangri, c’est de faire en sorte que les personnes atteintes d’IRC n’en arrivent pas au stade de l’insuffisance rénale terminale. « La dialyse affecte la vie des patients, souligne le Dr Tangri. Notre travail, c’est carrément d’éviter la dialyse. »

« Il faut passer le mot aux fournisseurs de soins primaires », ajoute le Dr Tangri en indiquant que la plupart des personnes souffrant d’IRC sont traitées par leur fournisseur de soins primaires. « Nous allons rencontrer 30 médecins de famille au cours du prochain mois. »

Rester en santé avec l’IRC
« Le fait de connaître ses risques aide à planifier sa vie », soutient le Dr Tangri en expliquant pourquoi son équation du risque est utile pour les personnes qui sont aux premiers stades de l’IRC.

Le Dr Tangri conseille, entre autres, aux personnes aux premiers stades de l’IRC de maintenir une très bonne pression sanguine, de surveiller le taux de sucre dans leur sang, d’éviter certains médicaments (par ex., les anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène et le naproxène, peuvent être nocifs pour les reins) et d’adopter des habitudes de vie saines.

Le Dr Tangri, lui, est un passionné de la bonne bouffe, du soccer et des voyages. Pour rester en forme, il joue au squash régulièrement.

En tant que néphrologue, il « essaie, dit-il, de ne pas imposer de régime strict à moins d’une absolue nécessité. »

Le Dr Tangri explique qu’une alimentation saine n’a pas besoin d’être compliquée; la veille, par exemple, il s’était préparé en à peine une demi-heure un bon souper – des pétoncles, du brocoli et une pomme de terre sucrée. 

Un Manitobain d’élite
Bien qu’il ait grandi à Mississauga, en Ontario, Navdeep Tangri, aujourd’hui âgé de 36 ans, considère maintenant le Manitoba comme son port d’attache. Il est médecin traitant au Seven Oaks Hospital à Winnipeg et professeur agrégé à l’University of Manitoba.

Bien des personnes qui le connaissent vous diront que le Dr Tangri est l’un des Manitobains les plus émérites. Cet homme modeste a les deux pieds sur terre et son grand sens de l’humour explique sans doute pourquoi il met autant à l’aise ses patients et ses collègues.

« C’est un privilège de travailler avec un clinicien-chercheur brillant comme le DTangri » affirme le Dr Paul Komenda, professeur agrégé de médecine en néphrologie à l’University of Manitoba et directeur de la recherche et de l’hémodialyse à domicile au Seven Oaks General Hospital. « Sa vision scientifique, ses recherches et sa réputation sont de calibre mondial. C’est vraiment un honneur de travailler avec quelqu’un comme Nav, un homme d’équipe, d’une grande simplicité et d’une profonde humanité. »

Nous savons que le Dr Tangri a un impact positif sur la vie des personnes aux prises avec l’insuffisance rénale un peu partout dans le monde et pas seulement ici au Manitoba. Il compte à son actif de nombreuses publications et il bénéficie en ce moment de subventions de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada, de Research Manitoba et de La Fondation canadienne du rein.

Ces jours-ci, le Dr Tangri mène une recherche prospective sur la fragilité, les capacités physiques et la fonction cognitive des personnes aux stades avancés de l’IRC. Il a l’intention de consacrer les quatre ou cinq prochaines années à la recherche d’applications pratiques pour les données les plus probantes recueillies sur les soins en néphrologie. Il a une approche novatrice et veut « briser le vieux moule de la recherche ». Il décrit comment on pourrait transformer du tout au tout la manière de dépister l’IRC en utilisant des dossiers médicaux informatisés. Il voudrait développer pour iPad une plateforme qui incorporerait une échelle, un peu à la manière des appareils Fitbit.

Nous espérons que le Dr Tangri va continuer à considérer le Manitoba comme son chez-soi. Cela semble de bon augure puisqu’il aime vivre dans une province où il est facile de faire équipe avec des gens qui peuvent vous aider à atteindre vos objectifs et à aider les autres. De plus, le Dr Tangri adore son milieu de travail : « Mes collègues sont extraordinaires et pleins d’imagination », se plaît-il à souligner.

Vous désirez en savoir plus sur les recherches du Dr Tangri? Visitez son site Web au : www.kidneyfailurerisk.com.

 


 

 

 

À PROPOS DE L’ÉQUATION DE RISQUE
DU DR TANGRI

L’équation de risque pour l’insuffisance rénale terminale a été développée sur une cohorte de patients aux stades 3 à 5 de l’IRC dirigés vers des néphrologues au Canada. Elle a maintenant été validée chez plus de 700 000 personnes dans plus d’une trentaine de pays.

L’équation à quatre et à huit variables permet de prédire la probabilité, sur deux ans et sur cinq ans, pour un patient potentiel au stade 3 à 5 de l’IRC d’évoluer vers l’insuffisance rénale terminale donnant lieu à un traitement (dialyse ou transplantation). Les risques prédits peuvent différer des risques observés dans des populations cliniques, avec des risques observés supérieurs ou inférieurs que ceux de la population étudiée, et un facteur de calibration pour des cohortes non nord-américaines a été ajouté.

Déterminer la probabilité de l’insuffisance rénale terminale peut être utile pour les communications avec les patients et les fournisseurs de soins, le triage et la gestion des patients dirigés vers des néphrologues et le choix du moment où devrait débuter la dialyse ou être effectuée la transplantation d’un rein provenant d’un donneur vivant apparenté. Des essais cliniques prospectifs pour évaluer l’utilité de cet instrument en regard des décisions cliniques sont maintenant en cours.

 

  DR TANGRI 

 

 

Faits amusants au sujet du Dr Tangri

 

Son activité de loisir préférée

Jouer au squash

 

Son équipe de soccer préférée

Arsenal FC

 

Ses restos préférés à Winnipeg

Segovia et Wasabi

 

 

Ses destinations préférées

Afrique du Sud, Thaïlande, sud-est asiatique

 

Sa ville préférée

Paris

 

Le projet qui lui tient à cœur pour le printemps

Se marier en mai